Meillet comptes-rendus de Marr

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Centre de recherches en histoire et épistémologie comparée de la linguistique d'Europe centrale et orientale (CRECLECO) / Université de Lausanne // Научно-исследовательский центр по истории и сравнительной эпистемологии языкознания центральной и восточной Европы

-- Meillet A.: comptes-rendus de Marr

 

BSLP, 1908, t. 15
         Marr. — Osnovnyja tablicy k grammatike drevne-gruzinskovo jazyka., s predvaritel’nym soobščeniem o rodstve gruzinskovo jazyka s semitičeskimi. St.-Pétersbourg, 1908, in-4°, ix-16 p. et 20 tableaux.
        
        On sait combien difficile et compliquée est la flexion du géorgien. M. Marr, qui est sans doute le meilleur connaisseur actuel du géorgien, l’expose très clairement en vingt grands tableaux qui seront très utiles à tous ceux qui veulent étudier le géorgien.
        Dans une brève introduction, M. Marr esquisse très brièvement ses vues sur la parenté du sémitique avec le groupe dont le géorgien est le principal représentant. Il est certain qu'il y a entre les deux groupes de langues des coïncidences remarquables, notamment la préfixation de m dans des formes nominales. Mais le problème est très complexe et demanderait un examen approfondi, d’autant plus que le sémitique est sûrement apparenté à l’égyptien : c'est dans l’ensemble du groupe caucasique méridional qu'il faudrait opposer à l’ensemble de l'égypto-sémitique, et, peut-être, si M. Müller a raison, faudrait-il aussi tenir compte de l'indo européen. La question ne sera mûre que le jour où la grammaire comparée du caucasique méridional sera faite, et où l’on aura serré de plus près la question des rapports entre le sémitique et l’égyptien. Mais M. Marr a eu raison de la poser.

— Revue de l’histoire des religions, 1909, t. 6
[102]
        Н. Марръ. — Іоаннъ Петрицкій Грузинскій неоплатоникъ ХI-ХН Вѣка (N. Marr. Jean de Pétrie, néoplatonicien des XI-XIIe siècles). — Saint-Pétersbourg, 1909, in-8, 61 p. (extrait des Записки восточнаго отдѣленія имп. русск. арх. общества, хіх, р. 53-113).
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        Comme les Arméniens aux VIIe et VIIIe siècles, les Géorgiens ont eu aux XI-XIIe siècles toute une période de développement philosophique. Malgré quelques travaux, notamment de M Galust Ter-Mrktichian et de M. Manandiants, la philosophie arménienne des VIIe-VIIIe siècles est encore mal connue, surtout sans doute parce que ce mouvement d'idées
104   est intimement lié à des discussions théologiques et que les mékhitharistes (catholiques) qui ont été les premiers fondateurs de la philologie arménienne n’ont pas eu de goût à mettre en évidence une période où l'église arménienne est en lutte violente contre les partisans du concile de Chalcédoine, et où la question de ce concile est présente dans tous les écrits arméniens; il y a là un objet d'études capital, et qui domine toute l’histoire de la littérature et de la pensée arméniennes et même l’étude du vocabulaire aussitôt après l’époque classique ; car cette philosophie a créé une foule de mots nouveaux, pour la plupart artificiels. La période de philosophie géorgienne est plus mal connue encore. Le savant professeur d’arménien de S.-Pétersbourg, M. Marr, qui est en même temps un maître dans la philologie géorgienne et qui a publié déjà quantité de textes inédits, étudie maintenant un des initiateurs du mouvement philosophique géorgien, Jean de Pétrie.
        Pétrie était un monastère, fondé en 1083 en Macédoine, par un membre d’une famille arménienne géorgisée, Grégoire Bakurian, pour les Géorgiens, et qui excluait les Grecs. Ce monastère était hostile au concile de Chalcédoine, ce qui concorde avec son origine semi-Arménienne. Jean de Pétrie a eu une activité littéraire assez variée. Entre autres ouvrages, il a fait une traduction géorgienne de Proclus, qui a été à son tour traduite en arménien peu après par un moine nommé Siméon. M. Marr publie et traduit des morceaux importants de ces deux traductions, géorgienne et arménienne. La traduction arménienne est précieuse parce qu’on en a un manuscrit postérieur de quelques années seulement au travail même de Siméon.

BSLP, 1914-1915, t. 19
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        N. Marr. —Drevnegrusinsko-russkij slovar' k 1-2 glavam evangelia Marka. Pétersbourg (Académie des Sciences), 1913, in 8, 21 p. (paginées de 1 à 10 colonnes).
        On n'a pour le géorgien aucun dictionnaire historique ou étymologique, et la vieille langue n’a pas été dépouillée systématiquement. C’est une lacune qui rend presque impossi-
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ble l’étude des langues caucasiques, et M. Marr la signale avec raison. Mais on ne saurait approuver le plan du spécimen de dictionnaire qu’il offre ici : les dictionnaires faits par racines, comme l’est celui-ci, sont toujours mal commodes à consulter, et ils ont l’inconvénient de reposer sur des hypothèses étymologiques, dont beaucoup sont nécessairement caduques au bout de peu de temps. Même dans les cas les plus favorables, ceux du sanskrit et de l’arabe, ils suggèrent souvent des idées fausses. Le seul classement pratique de tout dictionnaire est l’ordre alphabétique des mots existant réellement dans la langue; c’est le seul vraiment objectif et qui n'entraîne aucune hypothèse arbitraire. L’étymologie et l’explication des mots ne doivent venir qu’après les faits positifs.

        N. Marr. — Opredelenje jazyka vtoroj kategorij axemenidskix klinoobrasnyx nadpisej po dannym jafetičeskovo jazykoznanja. Pétersbourg, +914, in-8, 76 p. et 1 tableau (extrait des Zapiski vostočnovo otdelenia imp. russk. arxeologičeskovo obščestva, LXXII).
                  
        On a indiqué depuis longtemps la probabilité d'une parenté entre la langue du second système des inscriptions achéménides et les langues caucasiques du Sud, que M. Marr nomme japhétiques. Avec sa connaissance profonde des langues caucasiques, M. Marr rapproche systématiquement la langue du second système achéménide du caucasique méridional.
        On ne voit pas bien pourquoi il refuse de nommer néo-élamite, avec tout le monde, la langue du second système : la dénomination résulte d’une manière sûre de diverses données historiques, et elle est confirmée par l’ordre des provinces de l’empire achéménide : les trois premières sont la Perse, l’Élam et Babylone, comme les trois langues des inscriptions achéménides sont, dans le même ordre, le
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perse, l’élamite et le babylonien. Il y aurait eu aussi à tenir compte du vieil élamite, malgré la difficulté qu’on éprouve à l’interpréter : il est risqué de fonder une théorie de parenté sur des textes relativement récents alors qu’on en a de beaucoup plus anciens, en très grande quantité.
                   Quelques-uns des rapprochements faits par M. Marr sont néanmoins saisissants. Mais l’auteur en diminue la portée par des affirmations arbitraires. Ainsi le génitif u-ra-mas-da-na du nom du dieu Ahuramazdàh (d’après la transcription de M. Weissbach), lu par M. Marr uramaštana, est interprété comme un ancien *uramašta-yn-a, pour y retrouver une caractéristique caucasique du Sud ; ce n’est pas impossible; mais provisoirement c’est une hypothèse en l’air, et qui n’ajoute rien à la preuve. On ne saurait dissimuler non plus que la partie étymologique du mémoire renferme beaucoup d’affirmations plus qu’inquiétantes.

— BSLP, 1925, t. 26
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        N. Marr. — Jafetičeskaja teorija. Moscou (Naučnaja associacija vostokovedenija), 1924, in-8, 38 p.

  1. Terminy iz abchazo-russkich etničeskich svjasej « lošad' » i trizna. Leningrad (Narkompros Abchazii9, 1924, in-8, 57 p.
  2. Jafetičeskij sbornik (Recueil japhétique), III, Moscou et Leningrad (Gosizdat), 1923, in-8, vii-177 p.

        On commence à posséder des exposés de la théorie «japhétique » de M. Marr. Pour qui ne la connaîtrait pas par les publications précédentes, ces deux brochures donneraient quelque idée de la théorie et un aperçu du parti qu'en tire l’auteur.
        L’idée principale de M. Marr, et celle à laquelle il attache visiblement le plus d’importance, est que, dans les langues indo-européennes, il entre un élément important venant d’un grand groupe linguistique qui autrefois aurait couvert toute l’Europe, dont relèveraient le basque et l’étrusque, et qui survivrait pleinement dans les langues du Caucase. Le groupe comportait plusieurs types, distincts par leur phonétique, et dont les restes se retrouveraient en Europe comme aujourd’hui on les observe au Caucase. M. Marr a défini ces types, en supposant connue une comparaison des langues caucasiques dont ni la grammaire ni le vocabulaire n’ont été
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exposés de manière systématique. — De plus, pour la sémantique, M. Marr opère avec les notions usuelles chez les demi-civilisés, mais ici aussi sans poser de système.
        Tout le monde est prêt à reconnaître que les langues parlées en Europe renferment nombre de mots qui ne sont pas indo-européens. Mais on y voit des emprunts; M. Marr tient au contraire à poser de véritables mélanges de langues, notion peu claire et qui exclut presque toute démonstration.
        Les affirmations de M. Marr sont péremptoires. Si les langues romanes ont un article, alors que le latin n’en avait pas, c’est qu’elles ont gardé un usage japhétique. Que cet article soit d’origine latine, qu’il soit aisé d’en voir les développements, M. Marr ne s’en inquiète pas, pas plus qu’il n’est arrêté par le fait que le slave, où le mélange japhétique ne serait pas moindre qu’en roman, n’a pas d’article.
        On admet d’ordinaire que lat. soror répond à skr. svasâ, etc. La phonétique est claire; les noms de parenté sont les mêmes sur tout le domaine indo-européen. Pas d’étymologie plus évidente. Pourquoi M. Marr y cherche-t-il un japhétique sôr « femme » et veut-il que « sœur » soit « frère-femme »?
        Tout, chez M. Marr, n'est pas aussi étrange, aussi invraisemblable. Et même, parmi les observations générales (sinon parmi les étymologies), il se trouve dans ses exposés nombre d’idées justes. Mais l’ensemble éveille, on le voit, une défiance trop justifiée.
        Le volume de cette année du Recueil japhétique s’ouvre par un rapport développé de M. Marr sur sa mission en Europe, intitulé de manière significative : Au pays des japhétides d’Europe (je reproduis la traduction, libre mais exacte, du titre russe qui figure à la table française des matières), et se termine par une réponse (en français) du même savant à des remarques de M. Vendryes. Il contient plusieurs articles assez brefs sur divers faits linguistiques de détail relatifs à des langues diverses : turc et ossète notamment. On ne peut s’empêcher de regretter que l’étude propre des langues caucasiques, pour laquelle l’institut japhétique a tant de ressources et qui est si désirable, ne figure pour ainsi dire pas. Une explication de noms de lieux n’est
272   jamais convaincante, et quand M. Marr aurait trouvé les moyens d’interpréter tous les noms de lieux de l’Europe par des rapprochements avec les langues caucasiques, il n’aurait rien gagné ; car ces concordances — du reste assez lointaines — peuvent toujours être fortuites.

BSLP, 1927, t. 27
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        N. Marr. — Klassificirovanyj perečen' pečatnyx rabot po jafetidologij. Leningrad, 1926, in-8, 32 p. (Komitet po izuženiju jazykov... narodov vostoka S. S. S. R., 7).
        Bibliographie raisonnée des publications de l’école de M. Marr. Dans la brève introduction, on apprendra que la linguistique indo-européenne est un produit de l’idéologie bourgeoise. Si cela veut dire que nous y constatons l’extension des langues de populations dominantes au point de vue de la civilisation et à celui de la politique, j’y consens : il faut se résigner à avoir une idéologie bourgeoise si cela consiste à voir les faits historiques tels qu’ils sont. Et, d’autre part,
195   je continue a regretter que, au lieu de pousser à décrire et à comparer entre elles les langues du Caucase, la « japhétidologie » s’use à rechercher des traces de « japhétisme » dans tous les domaines et à proposer à ce sujet des hypothèses prématurées, fragiles, indémontrables ou même invraisemblables. C’est une grave erreur de méthode que de vouloir devancer les résultats d’un travail de description et de comparaison qui n’est pas fait.

         N. Marr. — Grammatika drevneliteraturnovo gruzinskovo jazyka. Leningrad (Académie des sciences), 1925, in-8, xxiv-215 p. (Materialy po jafetičeskomu jazykosnaniju.
         M. Marr est assurément le linguiste qui connaît le plus le géorgien et qui est le mieux préparé à en exposer l’histoire. Mais le présent ouvrage n’est pas le traité comparatif qu'on serait si heureux de posséder, ni proprement une description historique. Il est, comme on doit l’attendre, plein de vues théoriques. Et l’on ne se rend pas aisément compte de la manière dont ces théories sont établies. Par exemple, dès le début, p. 13, M. Marr donne des précisions délicates sur la place de l’accent; mais il ne dit pas sur quelles données reposent ces précisions. Comme il s’agit d’une langue littéraire ancienne, on aimerait à savoir sur quoi s’appuie l’auteur. Sous le bénéfice de ces réserves, on remercie M. Marr d’avoir bien voulu mettre ses connaissances sur le vieux géorgien à la disposition du public.

BSLP, 1928, t. 28
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         N. Marr. — Po etapam razvitija jafetičeskoj teorij. Moscou-Leningrad. 4926, in-8, vm-387 p. (Naučno-issledovatel'sky institut etničeskix i nacional'nyx kul'tur narodov vostoka SSSR [Moskva]).
         M. Marr réunit sous ce titre la série des articles qu’il a donnés pour faire connaître au public ses idées, depuis une note en géorgien — reproduite ici avec traduction — qui a paru en 1888 jusqu’à des mémoires plus considérables parus en 1926.
        La théorie japhétique de M. Marr s’est grossie, avec le temps, d’un élément déplaisant : des préoccupations d’ordre politique y sont mises en évidence, de manière voyante. On n’a pas à s’occuper de ce que pensent les savants en matière politique. Mais la science est hors de la politique, et quiconque y mêle de la politique ou du nationalisme commet une faute non pardonnable, quelles que soient les circonstances. L'article le plus significatif du recueil est celui qui porte sur le développement même du langage, dès l'origine, p. 286-335 ; on éprouve un malaise à voir qu'il a paru d’abord — en traduction allemande—, dans une revue dont le titre est : Unter dem Banner des Marxismus, en 1926. Un article scientifique n’a sa place sous aucun drapeau.      
        Cet article est ce que M. Marr a écrit de plus clair sur la théorie « japhétique ». On y voit bien quel en est l’intérêt et quelles en sont les faiblesses.
        Aux confins du domaine occupé par les langues indo-européennes, il y a des langues qu’on n’a pas encore su faire entrer, même d’une manière vague, dans les grandes familles actuellement déterminées : à l’Ouesl, le basque ; au Centre, les diverses langues caucasiques ; à l’Est, le burušaski. On s’accorde à y voir les restes d’aires linguistiques plus étendues. La disposition géographique amène à se demander si ces langues ne seraient pas les restes d’un grand groupe ancien que les langues indo-européennes auraient recouvert : « hypothèse de travail » qui peut être
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féconde. Il reste à faire le travail, à fournir les démonstrations. Mais M. Marr, sur la foi de quelques concordances, se hâte d’affirmer la parenté des langues en question sans en fournir la preuve en règle.
        Le premier besoin serait de poser une grammaire comparée des langues du Caucase, le seul point où il y ait un groupe presque cohérent de parlers. La tâche est d’une extrême difficulté. On n’a des témoignages un peu anciens que pour le géorgien, et ils ne reportent qu’à un millier d’années en arrière. Toutes les autres langues sont connues seulement à l’époque moderne, et sous des formes manifestement trop dégradées pour que, même à un examen attentif, les rapports se laissent bien déterminer. Le détail des grammaires diffère beaucoup. Quant à l’étymologie, elle est peut-être en grande partie infaisable : les racines verbales des langues caucasiques n'ont pour support phonique en général qu’une consonne unique; or, l’étymologie d’un élément linguistique supporté par un seul phonème est évidemment indéterminée, à moins de circonstances exceptionnelles, comme on en possède pour les deux racines indo-européennes *ei- « aller » et *es- « exister », dont i et s sont respectivement les seuls éléments caractéristiques.
        Aussi la théorie comparative des langues caucasiques n’est-elle pas faite ; M. Marr a là-dessus des aperçus, mais il ne les a jamais exposés de manière didactique ; or, une démonstration de parenté ne peut jamais sortir que d'une étude systématique, portant sur l’ensemble des données des parlers considérés. On ne sait seulement pas bien si le groupe caucasique du Sud, le plus nettement défini de tous, est apparenté aux deux groupes qu’on reconnaît dans les parlers du Nord.
        M. Trombetti a signalé des ressemblances entre le basque et des langues caucasiques ; bien entendu, en l’état actuel de la recherche, rien de décisif n’a pu être entrepris.
        Quant au burušaski, je ne sais sur quoi se fonde M. Marr pour le relier aux deux autres groupes.
        La chronologie suffit à montrer combien il sera malaisé de vérifier l’ « hypothèse de travail » que M. Marr érige
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en certitude. L’extension de l’indo-européen qui aurait disloqué le groupe « japhétique » supposé a dû commencer au plus tard vers le début du second millénaire avant l’ère chrétienne. Même à supposer que les langues japhétiques n’aient pas évolué au début avec la rapidité que donne lieu de supposer l’émiettement actuel des parlera caucasiques, l’unité du domaine « japhétique », étendu du golfe de Gascogne au Nord-Est de l’Himalaya, remonterait donc au troisième millénaire avant le Christ, ce qui revient à dire que les langues comparées entre elles sont séparées depuis environ cinq mille ans.
        Tous les comparatistes à l’esprit ouvert supposent que le vocabulaire des langues indo-européennes contient des éléments qui proviennent des langues anciennes recouvertes par l’indo-européen. M. Ostir s’est même efforcé, non sans beaucoup d’imprudences, d’en faire une théorie comparative dont notre confrère M. Schrijnen donne un résumé dans M. S. L., XXIII, p. 53 et suiv. Prenant la théorie « japhétique » pour acquise, M. Marr explique par les langues caucasiques nombre de mots qui figurent dans telle ou telle langue indo-européenne, et notamment des noms propres.
        Or, s’il est vrai que certains noms de lieux, en particulier des noms de rivières, survivent souvent aux changements de langues, il l’est aussi que l’étymologie de ces noms est déterminable seulement dans la mesure où des données historiques précises tiennent dans la démonstration la place des concordances de sens qui en sont l’une des parties nécessaires.
        Il a fallu profiter de l'occasion offerte par le recueil de M. Marr pour marquer ce qui est solide dans les théories « japhétiques ». On trouvera peut-être que c’est peu; ce serait, en réalité, beaucoup si ces théories poussent à étudier de près des langues curieuses pour la linguistique générale, importantes pour l’histoire linguistique et dont M. Marr a raison de dénoncer le fâcheux abandon.