Unbegaun-53

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Centre de recherches en histoire et épistémologie comparée de la linguistique d'Europe centrale et orientale (CRECLECO) / Université de Lausanne // Научно-исследовательский центр по истории и сравнительной эпистемологии языкознания центральной и восточной Европы

-- UNBEGAUN B. : L'origine du nom des Ruthènes, Winnipeg : Académie ukrainienne libre des sciences, 1953 (Onomastica, 5), p. 5-12.

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        Le nom des Ruthènes est celui par lequel les Occidentaux désignent parfois les Ukrainiens, moins fréquemment les Blanc-Russes, mais qu'ils appliquaient, au moyen‑âge, aux Slaves orientaux. Alors que les noms slaves de Russes et d'Ukrainiens ont été l'objet de nombreuses études, l'origine de celui de Ruthènes, de façon paradoxale, n'a pas retenu la curiosité des chercheurs. Si même un savant comme M. Hruševs'kyj n'y a pas prêté la moindre attention, on comprendra que l'excellente et si bien informée Enciclopedia Italiana n'a pu qu'écrire en 1936: «... Rutheni non è altro se non la forma latina, o meglio latinizzata — di formazione però non ben chiara — di Russi» (XXX, p. 350). L'auteur de cette notice prudente n'a pas voulu, apparemment, faire    sienne l'assertion catégorique de D. Dorošenko: «Es ist sicher, dass Ruthenia aus den griechischen Ῥουθήνοι, Ῥωσία entstanden ist»[1]. Il est évident que cette étymologie est indéfendable non seulement parce qu'un mot ne peut pas provenir à la fois de deux mots différents, mais aussi, et cela est plus grave, parce que les sources grecques, tout en offrant les termes de Ῥῶϛ, Ῥωσοί, Ῥωσία et les adjectifs Ῥωσικόϛ, Ῥουσικόϛ, Ῥουσιακόϛ (nous laissons à l'écart les fameux Δρομῖαι), ignorent la forme Ῥουθήνοι (sic) ; si les sources l'avaient connue, ajouterons‑nous, elles l'auraient, au moins, accentuée correctement. Il est vrai que Strabon parle des Ῥουτηνοί, mais ce sont les Ruteni celtes[2]. Il faut donc chercher ailleurs qu'en grec l'origine de notre terme.
        On la trouve facilement en latin et elle n'a rien d'énigmatique: c'est le nom d'une tribu gauloise, celle des Ruteni de César, appliqué aux Russes en vertu d'un procédé courant au moyen‑âge et qui consistait à donner aux peuples nouvellement apparus sur la scène historique des noms familiers de l'antiquité. Les mêmes Russes n'ont‑ils pas été appelés Scythes, Tauro-
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scythes, Sarmates, Roxolanes, etc. ? Plus tard, lorsqu'ils ont été connus sous leur véri­table nom, toutes ces dénominations sont devenues, pour ainsi dire, vacantes. Et c'est ainsi que Thietmar de Merseburg a pu s'emparer, au XIe siècle, de celle des Scythes pour désigner les Lapons. Les Petchenègues ont été baptisés Daces et Parthes, les Prussiens — Gètes, et ainsi de suite. Le h après le t n'est qu'un ornement orthographique que l'on trouve fréquemment au moyen‑âge, même dans le nom des Rut (h) eni celtes ainsi que dans celui de leur ville, la Rut(h)ena civitas (Segodunum, aujourd'hui Rodez)[3].
        Il ne s'agit plus que de savoir quand et comment le nom de Ruthènes est entré dans l'onomastique de l'Occident.
        Le premier nom sous lequel nous découvrons les Russes dans les chroniques latines est Rhos; il figure dans les Annales Bertiniani sous l'année 839 et désigne encore Russes normands[4]. Ce terme, qui correspond au grec Ῥῶϛ, n'aura été qu'un hapax dans la littérature latine.
        Dès les Xe et XIe siècles nous enregistrons déjà la forme moderne à orthographe variée: Rusci, Rusi, Ruci, Russi, Rusii, Ruzi, pour le peuple, et Ruscia, Rusia, Rucia, Ruzia, Ruzzia, pour le pays. On pourra en trouver plusieurs exemples dans les Annales Hildesheimenses et Quedlinburgenses, dans les Lamberti Annales [5], chez Liutprand[6], dans les Annales Barenses[7], dans la Vita Chounradi II Imperatoris de Wipo[8], dans le Chronicon Universale d'Ekkehard[9], dans le Chronicon de Thietmar de Merseburg[10], dans les Gesta Hammaburgensis
[ 7 ]      Ecclesiae d'Adam de Brême[11], et ainsi de suite. Il serait initule d'énumérer tous les exemples.
        Les textes du Xe siècle connaissent encore un autre nom pour les Russes, plus rare, mais suffisamment attesté: Rugi. On le trouve, par exemple, dans le Continuator Reginonis: ce texte mentionne quatre fois les Russes (aux années 959, 960, 962 et 966) et chaque fois sous le nom de Rugi [12]. De même dans les Annales Magdeburgenses (à l'année 959)[13] et dans l'Annalista Saxo (à l'année 968)[14]. Plus tard ce nom figurera également dans la Historia Normannorum de Guillaume de Jumièges (vers 1070) qui parle d'un «Juliusclodius rex Rugorum» (c'est‑à‑dire le Grand‑prince Jaroslav)[15]. Enfin, la Genalogia Welforum, un texte du premier quart du XIIe siècle, mais fait avec des éléments anciens, contient le même terme[16].
        On a ici un exemple de plus d'un nom anciennement connu et appliqué à un peuple nouveau à la faveur de l'identité de la première syllabe. Les véritables Rugi étaient des Germains orientaux venus des rivages de la Mer Baltique s'établir sur le Danube, en face du Noricum Ripense. Nous possédons sur eux des renseignements abondants dans la biographie de saint Séverin par Eugippius, du Ve siècle. Le même nom apparaît aussi, tout au début du Xe siècle, dans l'Inquisitio de theloneis de Raffelstetten, de 906[17]. Y désigne‑t‑il vraiment les Russes ou n'y est‑il qu'une survivance littéraire des Rugi germaniques, disparus bien avant le Xe siècle? Il existe une abondante littérature sur cette question controversée[18]. Ce qu'il faut écarter résolument, c'est l'hypothèse qui voit dans les Rugi les
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habitants de l'île de Rügen, dans la Baltique: ces derniers n'ont jamais été appelés de ce nom[19].
        Le terme de Ruteni, appliqué aux Russes, semble apparaître pour la première fois dans les Annales Augustani sous l'année 1089. «Imperator [Henri IV] Praxedem, Rutenorum regis filiam, sibi in matrimoniam, sociavit»[20]. Depuis Ruteni/Rutheni devient extrêmement fréquent, surtout au XIle siècle. Suger, dans la Vita Ludovici VI, parle de «rex Ruthenorum»[21], de même qu'un Excerptum historicum de la même époque[22]. L'Annalista Saxo (vers 1139) mentionne les Rutheni[23], et la Vita Chunradi Archiepiscopi Salisburgensis (vers 1177) donne à la Russie subcarpathique le nom de «marchia Ruthenorum»[24]. La chronique polono‑latine de l'Anonyme Gallus, de 1110-1113, mentionne elle aussi fréquemment les Rutheni[25]. Il serait facile de multiplier des exemples pour ce nom qui est en passe de devenir la dénomination officielle des Russes.
        Les textes que nous venons de citer, tout en employant le nom de Rutheni pour le peuple, continuent à se servir de Rusia, Ruscia, etc., pour indiquer le pays. Ce fait nous aiderait peut-être à comprendre pourquoi précisément le nom des Ruthènes celtes a été choisi pour désigner les Russes. Certes, l'identité de la première syllabe Ru‑ a été décisive et a servi de point de départ. Mais il se peut que le suffixe ‑n‑ y ait contribué également. En effet, le vieux russe opposait le collectif Rus', qui désignait à la fois le peuple et le pays, au singulatif Rusin qui désignait «le Russe». On peut se demander dès lors si, en vertu d'une phonétique approximative, l'opposition russe Rus/Rusin ne se reflète pas dans l'opposition Rusia/Ruthenus. Dans quelques textes on trouve la forme Rucenus qui est encore plus proche de Rusin que ne l'est Ruthenus: la deuxième partie (1040-1077) des Lam-
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berti Annales
mentionne à quatre reprises le grand‑prince lzjaslav appelé «Ruzenorum rex»[26]. Le Codex 2 de Thietmar de Merseburg, c'est à dire, le remaniement de son Chronicon fait à Corvey au XIIe siècle, offre un «Ruscenorum rex»[27]. Enfin, la Chronica Slavorum de Helmold (1169) donne à la Mer Noire le nom de «Rucenum mare»[28]. L'adjectif Rucenus est a la fois proche de Rusin et formé correctement sur Rucia à l'aide du suffixe ‑enus, fréquent au moyen‑âge dans les noms de peuples (comme Saraceni, Sclaveni). C'est cet adjectif qui a pu déterminer le choix de la forme Ruthenus.
       
Le terme de Ruthenia pour Russia n'apparaît que vers le milieu du XIIe siècle. Le premier exemple semble se trouver dans une lettre écrite vers 1150 par Matthieu, évêque de Cracovie à saint Bernard de Clairvaux: «. in Ruthenia, quae quasi est alter orbis»[29]. Vers la même époque on trouve un autre exemple dans la biographie de l'évêque Otto de Bamberg par Herbord (1159: «Ruthenia tota»[30]. Mais cette forme, rare durant tout le moyen‑âge, n'aura aucun succès et la combinaison courante restera celle de Rutheni/Russia.
       
Le terme de Ruthenus a été appliqué également au nom dynastique de la famille princière de Reuss (en Thuringie), et cela dès sa fondation, à la fin du XIIIe siècle, par Henri de Plauen‑Reuss, fils de Henri ler de Plauen. Le nom de Reuss apparaît pour la première fois en 1289[31] et la forme Ruthenus, qui n'en constitue que la traduction latine, en 1292[32]. L'ori-
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gine même du nom de Reuss n'est pas tout à fait claire. Il existe une thèse qui le met en rapport avec les anciens noms allemands pour le terrain défriché‑, reuth, riute, geriute, geroit, etc., qui ont donné d'innombrables noms de lieu (Rodungsortsname)[33]. La thèse traditionelle, cependant, continue à mettre le nom de Reuss en rapport avec celui de Russe. N'oublions pas que le fondateur de la dynastie avait pour épouse une petite‑fille du prince Daniel de Galicie[34]. Quelle qu'ait été la véritable origine du nom dynastique de Reuss, il ne fait pas de doute que dès le début ce nom a été compris comme l'équivalent de Russe., d'où sa traduction en latin par Ruthenus. Le doublet Reuss/ Ruthenus a été courant jusqu'à l'époque moderne.
        Il convient d'ouvrir ici une parenthèse pour dire que le terme de Rutheni pouvait désigner au XIle siècle non seulement les Russes, mais aussi les habitants slaves de l'île de Rügen dans la Mer Baltique. Le nom latin de l'île figure ordinairement sous la forme de Rugia, Rogia, Rugiana, Ruiana, Rana, celui de ses habitants sous celle de Rugiani, Ruiani, Ruani, Runi, Rani. C'est encore le début Ru- qui a dû mettre les chroniqueurs sur la piste des Rutheni. Cette forme n'est pas fréquente; je ne l'ai trouvée que chez deux biographes d'Otto, évêque de Bamberg : Ebo (1158) et Herbord (1159) ; on a vu que ce dernier emploie Rutheni également pour les Russes. Les deux auteurs se servent également du nom de Ruthenia pour désigner l'île elle‑même[35].
        L'évolution du couple Rus(s)i/Rus(s)ia vers Rutheni/Rus(s)ia semble avoir déterminé aussi celle de Prussi/Prussia vers Prutheni/Prussia «Prussiens/Prusse». Lorsque les deux nations sont mentionnées dans un même texte, elles accusent ordinairement des formes parallèles: Rucia/Prucia chez Thietmar de
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Merseburg, 'Ruci/Pruci chez Helmold, Rusia/Pruscia dans les Miracula s. Adalberti (XIe siècle)[36], Russia/Prussia dans la chronique de Kadłubek[37] «Pruthenos et Ruthenos» dans la chronique de Boguchwał[38] «ad perfidiam Rutenorum et Prutenorum», dans une lettre du pape Grégoire IX de 1232[39] et ainsi de suite. Le terme de Pruteni était suffisamment courant au XVe siècle pour qu'un historien polonais, le chanoine Jan Długosz, ait pu donner à sa description des étendards pris aux Portes-Glaives allemands à la bataille de Grünwald en 1410, le titre de Banderia Prutenorum (Cracovie, 1448).
        Dans l'usage latin de l'Europe Occidentale et Centrale le terme de Rutheni était synonyme de Russes, n'en étant que la simple traduction. Cette terminologie a permis de dire au baron de Herberstein, ambassadeur de l'Empereur à Moscou en 1517: «… populi omnes qui lingua Slavonica utuntur, ritum et fidem Christi Graecorum more sequuntur, gentiliter Russi, latine Rutheni appellati ... »[40]. A. Guagnini, historien italo‑polonais du XVIe siècle, emploie les mêmes termes: « ... Roxolani (quorum posteri nunc Rutheni sive Russi dicuntur)»[41]. Aussi tard qu'en 1828, le chemiste G. Osann, de l'Université de Dorpat, a baptisé ruthenium le nouveau métal qu'il venait de découvrier parce qu'il l'a trouvé en Russie et dans du minerai provenant de l'Ural[42].
        Cependant, si on lit attentivement les descriptions de Herberstein, de Guagnini, ou de tel autre écrivain latin du XVIe siècle, comme Possevin, on remarque facilement que le terme de Rutheni est employé de préférence lorsqu'il s'agit d'opposer globalement les Slaves de l'Est aux autres Slaves ou au reste du monde. Et comme la religion orthodoxe est aux yeux de ces écrivains le lien le plus caractéristique qui unit ces Slaves
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orientaux, le nom de Rutheni apparaît chaque fois qu'il est question de l'Orthodoxie orientale. Mais dès qu'il s'agit de faire des distinctions à l'intérieur même de ces Rutheni orthodoxes, les mêmes auteurs se servent plus volontiers du terme de Moscovitae pour désigner les habitants de l'Etat Moscovite, c'est à dire les Grands‑Russes. Quant aux habitants du Grand‑Duché de Lituanie, c'est à dire les Ukrainiens et les Blancs‑Russes, les écrivains continuent à utiliser le terme de Rutheni qui acquiert ainsi une seconde valeur, plus restreinte. C'est de cette deuxième façon qu'il faut comprendre le passage où A. Guagnini parle de la diversité des langues slaves: «Moschovitae a Ruthenis aliquantulum, Rutheni quoque a Polonis et Masovitis, sic etiam Bohemi, Croatae, ab invicem idiomatis expressione, accentibus et prolatione, verborumque immutatione differunt, ita ut sese intelligere difficile possint»[43].
        Cette spécialisation du terme de Ruthènes et son opposition à celui de Moscovites a commencé à s'imposer au XVIe siècle en Europe Orientale, et plus particulièrement en Pologne, dont la population était en partie composée de Ruthènes. Le célèbre écrivain polonais du XVIe siècle, Stanislas Orzechowski, né en Galicie Orientale et petit‑fils d'un prêtre orthodoxe, pouvait dire de lui‑même: «gente Ruthenus, natione Polonus». On sait par ailleurs que la terminologie officielle de l'Autriche‑Hongrie, et cela jusqu'à une époque toute récente, désignait les Ukrainiens de l'Empire du nom de Ruthènes.
        Mais l'histoire purement ukrainienne du nom des Ruthènes mériterait une étude spéciale[44]. Notre tâche a été de montrer simplement que l'origine de ce terme est due, en somme, pour s'exprimer comme l'historien August Ludwig von Schlözer, à l'«Albernheit der Chronikanten»[45].

BIBLIOGRAPHIE

— D. Dorošenko: «Die Namen "Rus"', Russland" und "Ukraine" in ihrer historischen und gegenwärtigen Bedeutung», Abhandlungen des Ukrainischen Wissenschaftlichen Institutes in Berlin, Bd. III, 1931, 3‑23.

— G. W. Simpson: «The Names "Rus"', "Russia", "Ukraine" and Their Historical Background». Slavistica UVAN , N° 10, Winnipeg, 1951.

— I. Svénic’kij: «Nazva "Rus’" v istoričnomu rozvitku do XIII v.», Ridna mova, R. IV, Varšava 1936, 59‑62, 103‑108, 158‑162.

— I. Svénic’kij: «Zaris rečevogo j prikmetnikovogo okreslennja nazvi "Rus’" XI‑XV vv.», R¡dna Mova, R. IV, Varšava 1936, 247‑250.

— B. O. Unbegaun: «Le nom des Ruthènes slaves». Annuaire de l'Institut de Philologie et d'Histoire Orientales et Slaves, t. X, Bruxelles 1950, 611‑618.

— N. P. Vakar: «The Name "White Russia"». American Slavic and East European Review, Vol. VIII, New York, 1949, 201‑213.

NOTES



[1] «Die Namen Ruś, Russland und Ukraine», Abhandlungen des Ukrainischen Wissenschaftlichen Instituts in Berlin, 111, 1931, p. 7, note 1. Cette assertion a été reprise récemment par Elie Borščak, dans la Revue des Etudes Slaves, XXIV, 1948, p. 171, note 1.

[2]  PAULLY‑WISSOWA, Real‑Encyclopädie, II. Reihe, 1, col. 1246.

[3] Voici ce qu'on lit à ce sujet dans l'ouvrage le mieux documenté sur les Ruthènes celtes: «Les auteurs latins, jusqu'au Ve siècle, donnent tous la forme Ruteni et les auteurs grecs les formes ' Ῥουτηνοί, Ῥουτανοί et Ῥουταινοί. L'h fautif apparaît pour la première fois dans Grégoire de Tours (civitas Ruthena, urbs Ruthena, terminus Ruthenus) et il s'est maintenu dans Ruthénois, nom des habitants de Rodez» (A. ALBENQUE, Les Rutènes: études d'histoire, d'archéologie et des toponymie gallo‑romaines, Rodez, 1948, p. 24, note 4.)

[4] Monumenta Germaniae Historica, Scriptores, 1, 434; abrégé dans la suite en M.G.H., ss.

[5] M.G.H., SS., III, pp. 60‑61, 63, 80.

[6] Ibid., pp. 277, 331.

[7] Ibid., V, pp. 53, 54.

[8] lbid., XI, p. 264, 269.

[9] lbid., VI, p. 207, 216.

[10]  M.G.H., SS., I, Nova Series, IX, 1935, passim.

[11] 3e éd. de B. Schmeidler, Hamburg und Leipzig, 1917: 12 fois Ruzzia, 2 fois Ruzia, 2 fois Ruzzi.

[12] M.G.H., SS., I, pp. 624, 625, 628.

[13] Ibid., XVI, p. 147.

[14] Ibid., VI, p. 622.

[15] Recueil des Historiens des Gaules et de la France, XI, p. 48.

[16] M.G.H., SS., XIII, p. 734. Le même récit (d'ailleurs entièrement fantaisiste) est répété dans la Historia Welforum, ibid., XXI, p. 460.

[17] M.G.H., Capitularia, II p. 251, 6.

[18] La mise au point la plus récente se trouve dans l'étude d'Erich Zöllner, "Rugier oder Russen in der Raffelstettener Zollurkunde?", Mitteilungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung, LX (1952), pp. 108‑119. L'auteur lui‑même défend la thèse germanique. Pour la thèse slave, voir, entre autres, A. Florovskij, Čexi i vostočnye slavjane, Prague, 1935, pp. 159‑161 (Práce Slovanského Ústavu, XIII).

[19] Voir T. Milewski, «Pierwotne nazwy Rugji i słowianskich jej mieszkanców», Slavia Occidentalis, IX, 1930, pp. 292‑306; W. Steinhauser, "Rügen und die Rugier", Zeitschrift für slavische Philologie, XVI (1939), pp. 1‑16.

[20] M.G.H., SS., III, p. 133.

[21] Recueil des Historiens des Gaules et de la France, XI, p. 61.

[22] Ibid., p. 157.

[23] M.G.H., SS., VI, p. 770.

[24] Ibid., XI, p. 74.

[25] Monumenta Poloniae Historica ed. Bielowski, 1, Lwów, 1864, pp. 390‑484.

[26] M.G.H., SS., V, pp. 219, 230.

[27] M.G.H., SS., Nova series, IX, p. 529.

[28] Ed. B: Schmeidler, Hamburg und Leipzig,. 1909, p. 6. (Scriptores rerum germanicarum in usum scholarum). Pour désigner le pays, Helmold ne se sert que de la forme Rucia.

[29] Monumenta Poloniae Historica, II, Lwów, 1872, p. 16.

[30]Monumenta Bambergensia, ed. Ph. Jaffé, Berlin, 1869, p. 147 (Bibliotheca Berum Germanicarum, V).

[31] Henricus dictus Ruze; Henrich von Plawen, den man der Ruse nennit; Urkundenbuch der «Vögte von Weida, Gera und Plauen, I. Band, herausgegeben von Berthold Schmidt, Jena, 1885. No. 236, p. 117; No. 241, p. 119.

[32] Henricus advocatus de Plawe dictus Ruthenus, ibid., No. 259, nennit Urkundenbuch der Vögte von «Weida, Gera und Plauen, I. Band, 132. Les chartes No. 136 (de 1266). No. 172 et 174 (de 1274), qui attestent les formes Ruthenus et Russze, sont des faux du XVe siècle (voir Willy Flach, Die Urkunden der «Vögte von Weida, Gera und Plauen, Greiz, 1930, p. 122).

[33] P. V. Resch, Über den Ursprung des dynastischen Namens Reuss. Beitrag zur Kenntnis der Urgeschichte des Voigtlandes, Gera, 1874, p. 11. C'est grâce à l'obligeance de M. Günther Stökl, de Vienne, que j'ai pu utiliser les données de cet ouvrage très rare.

[34] Robert Hänsel, Russische Genealogie, Jena, 1940, p. 57 (Beiträge zur  Mittelalterlichen und Neueren Geschichte, Bd. 13).

[35] Monumenta Bambergensia, pp. 665, 684; 821‑823. On notera que dans l'article cité de T. Milewski, consacré spécialement aux anciens noms de l'île de. Rügen, et de ses habitants, on ne trouve aucune mention des formes examinées, pas plus d'ailleurs que des formes curieuses Verani et Verania employées par le même Herbord (pp. 808, 809). Celles‑ci sont étudiées par Steinhauser, art. cit., p. 15.

[36]M.G.H., SS., IV, pp. 613, 615.

[37] Monumenta Poloniae Historica, II, p. 279.

[38] Ibid., p. 486.

[39] Historica Russiaie Monumenta, ab. A. I. Turgenevio, I, St. Pétersbourg, 1841, p. 32.

[40] Rerum Moscoviticarum Commentarii, premier chapitre; cité d'après Historiae Ruthenicae Scriptores Exteri saeculi, XVI, edidit A. de Starczewski, Berlin et St‑Pétersbourg, 1841, Ier vol., I, p. 3.

[41] Rerum Polonicarum tomi tres, Francfort, 1584, II, p. 16.

[42] Annalen der Physik und Chemie, vol. XIII, Leipzig, 1828, p. 291.

[43] Op. cit., II, p. 14.

[44] Signalons à ce propos et à titre de curiosité l'ouvrage de S. Šeluchyn, Звiдкiля походiть Русь, Prague, 1929. L'auteur, ayant correctement identifié le nom des Ruthхnes, en tire, armé, d'un patriotisme ardent et en «corrigeant» parfois les sources, la conclusion savoureuse d'une origine celtique des Ukrainiens.

[45] Nestor. Russische Annalen in ihrer Slavonischen Grundsprache, Teil V, Güttingen, 1809, p. 110.

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SLAVISTICA

         A series relating to Slavic languages, literatures, cultures, ethnography, archeology etc., with special attention to the problems of Eastern Slavie world. Published by the Institute of Slavistics of UVAN in Winnipeg.

         Appears three times a year.

N° I ‑ The tasks of Slavic Philology and Ukrainian Slavistics (in Ukrainian language), Augsburg, 1948.

N° II ‑ V. Chaplenko' Ukrainianisms in the language of M. Hohol (N. Gogol) (in Ukrainian language, with a French resumé), Augsburg, 1948.

N° III ‑ Ivan Sydoruk: The problem of the Ukrainian White‑Ruthenian Lingual Boundary (in Ukrainian language, with English and German resumés, 2 maps), Augsburg, 1948.

N° IV ‑ J. B. Rudnyc'kyj: Slavic and Baltic Universities in Exile, (in English language), Winnipeg, 1949.

N° V ‑ J. Byrych: A Page from Czech‑Ukrainian Relations (in Ukrainian language), Winnipeg, 1949.

N° VI ‑ R. Smal‑Stocky. The Origin of the Word "Rus" (in English language), Winnipeg, 1949.

N° VII ‑ V. Chaplenko: The Language of "Slovo o Polku Ihorevi" (in Ukrainian language with an English resumé), Winnipeg, 1950.

N° VIII ‑ I. Mirtschuk: Das Dämonische bei den Russen und den/ Ukrainern (in German language). Augsburg, 1950.

N° IX ‑ J. B. Rudnyc'kyj: Slavistica Canadiana A.D. ‑ MCML (in English and Ukrainian), Winnipeg, 1950.

N° X ‑ Geo. W. Simpson: The Names Rus', Russia, Ukraine and their Historical Background (in Engl.), Winnipeg, 1951.

N° XI ‑ Metr. I. Ohienko: An Early 17th cent. Ukrainian Russian Dictionary. (In Ukr. and Russ. l.), Winnipeg, 1951.

N° XII ‑ V. J. Kaye: Blavic Groups in Canada (in Engl.), Winnipeg, 1951.

N° XIII ‑ P. Fylypovych.‑ Hohol's (Gogol's) Ukrainian Background, (In Ukr.), Winnipeg, 1952.

N° XIV ‑ W. Kirkconnell: Common English Loanwords in B. European Languages. (In Engl. l.), Winnipeg, 1952.

N° XV ‑ J. B. Rudnyc'kyj: Slavica Canadiana A.D. 1952. (In Engl. language), Winnipeg, 1952.

N° XVI ‑ J. fierech: Participium Universale im Slavischen. (In German language), Winnipeg, 1953.

Price: $0.50 per copy. Obtainable at:

UVAN P. 0. Box 3597, Station B., Winnipeg, Man., Canada.

ONOMASTICA

A topo‑ and anthroponymic series edited by J. B. Rudnyc'kyj

To date the following issues have been published:

ONOMASTICA I:                    The Term and Name "Ukraine"" by J. B. Rudnyc'kyj, 132 p. Winnipeg, 1951. Price $1.50.

ONOMASTICA Il:                   Canadian Place Names of Ukrainien Origin by J. B. Rudnyckyj, 88 p. Winnipeg, 1951. Price $1.00.

ONOMASTICA Ill:                  The Names "Galicia"' and ""Volynia", by J. B. Rudnyckyj, 32 p. Winnipeg, 1952. Price $0.50.

ONOMASTICA IV:                  The Name "Ukraine"" in South‑Carpathia by B. Barvins'kyj, 16 p. Winnipeg, 1952. Price $0.50.

ONOMASTICA V:                   L'origine du nom des Ruthènes par B. 0. Unbegaun, 13 p. Winnipeg, 1953. Prix $0.50.

 ONOMASTICA VI:

Contribution to the Methods in Onomastics by G. M. Lucyk, 24p. Winnipeg, 1953. Price $0.50.

Obtainable at:

UYAN P.O. Box 3597,  Station B',  Winnipeg, Man, Canada.